
A la manière de… Chabrier
Menuet Antique
Sérénade Grotesque
La Parade (1896 - inédit)
Valses nobles et sentimentales (Modéré – très franc, Assez lent avec une expression intense, Modéré, Assez animé, Presque lent dans un sentiment intime, Vif, Moins vif, Epilogue – lent )
Pavane pour une infante défunte
Gaspard de la nuit (Ondine, Le gibet, Scarbo)
Maurice Ravel (7 mars 1875 – 28 décembre 1937) étudie le piano au Conservatoire de Paris avec Charles de Bériot et la composition avec Fauré. En 1901 il obtient le Second prix de Rome. Déçu de cette récompense, il se représente deux fois de suite pour l’obtention d’un Premier prix qui lui sera malheureusement refusé. Passionné d’automates et de jouets mécaniques, Ravel mène une vie assez solitaire. Auteur de nombreuses œuvres célèbres comme le Boléro, l’Enfant et les Sortilèges (créé en 1925 à Monte-Carlo), Daphnis et Chloé (créé aux Ballets russes de Serge Diaghilev en 1912), le Concerto pour la main gauche - pour n’en citer que quelques-unes – Ravel sera frappé dès 1932 d’infirmité cérébrale, plongeant les cinq dernières années de sa vie dans un silence musical profond.
A la manière de… Chabrier : cette oeuvre ainsi qu’« A la manière de… Borodine » ont été suggérée à Ravel par le compositeur italien très apprécié en France, Alfredo Casella. C’est Casella lui-même qui en fera la création le 10 décembre 1913. A travers ces deux pièces, Ravel fait un « hommage » à deux compositeurs qui ont coloré sa jeunesse.
Menuet Antique : ce Menuet est la première œuvre pour piano publiée de Ravel, alors âgé d’une vingtaine d’années. Antique parce que l’auteur voile son menuet d’un caractère modal en supprimant la note sensible (mi bécarre au lieu de mi dièse) au ton de fa dièse mineur et en altérant également le deuxième degré de la gamme (sol bécarre au lieu de sol dièse). Les rythmes marqués, les nombreuses syncopes, le dialogue constant entre les deux mains donnent un caractère amusant à cette danse, orchestrée en 1929 par le compositeur lui-même.
Valses nobles et sentimentales : toujours dans le registre de la danse, Ravel compose ces huit valses à Paris en 1911. Elles seront orchestrées par le compositeur dès 1912. L’harmonie parfois sinueuse voir même agressive, se mêlant à des contrastes d’écriture bien prononcés, se résorbent tout naturellement dans le calme qui anime la dernière valse ou « épilogue lent ». A propos de cet épilogue, le critique et ami de Ravel, Jean Marnold, écrit : « d’une musicalité si neuve et d’une poésie si intense, où, comme des revenants de la nuit, tous les thèmes précédents s’enchevêtrent ».
Pavane pour une infante défunte : la première version de la Pavane fut écrite en 1899 pour le piano. Ce n’est qu’en 1910 que Ravel réalisa la version orchestrale. A propos du titre, le compositeur donne quelques précisions : « Je n’ai songé, en assemblant les mots qui composent le titre, qu’au plaisir de faire une allitération ». Le célèbre pianiste Alfred Cortot insiste sur une « interprétation mélancolique et douce, lointaine et voilée » quant à Ravel, il conseille d’éviter tout alanguissement du tempo car « il ne s’agit en rien d’une pavane défunte pour une infante ». Il faut garder à l’esprit que la Pavane était, dès le XVIe siècle, une danse de cour, lente et grave.
Gaspard de la nuit : triptyque désigné par Ravel « Poèmes pour piano ». Cet ensemble de trois pièces s’inspire des petits poèmes en prose des contes d’Aloysius Bertrand (1830). La première exécution publique eut lieu en 1909 à Paris. Dans Ondine, on entend un chant « très doux et expressif » puis « animé ». La mélodie entonnée dans le Gibet se développe autour d’une pédale de si bémol et « dont les vibrations syncopées se heurtent plaintivement à l’impassibilité d’un rythme de plomb » écrit Alfred Cortot. Enfin Scarbo, nom d’un gnome, n’est autre qu’un scherzo construit sur deux thèmes principaux dont le rythme est parfois instable et même chaotique.
Après le succès retentissant remporté avec son disque Rameau dont il enregistra les Nouvelles Suites au piano pour Harmonia Mundi, Alexandre a obtenu les plus hautes récompenses internationales pour son intégrale des œuvres pour piano seul de Ravel (Grand Prix de l’Académie Charles – Cros 2003, Diapason d’Or de l’Année, CHOC du Monde de la Musique, Recommandé de Classica et 10 de Répertoire, Pick of the Month-BBC Music Magazine, Stern des Monats-Fono Forum, Meilleur disque de l’Année/de Standaard). Auparavant, il avait gravé des pièces pour piano à quatre mains de Schubert avec Zhu Xiao-Mei et un magnifique et étonnant disque Mauricio Kagel, ce dernier pour Aeon. Après un enregistrement consacré aux Concertos Italiens de Bach, qui a fait l’objet de critiques dithyrambiques, c’est aux Valses de Chopin qu’Alexandre, un pianiste parmi les plus sollicités d’aujourd’hui, donne un éclairage nouveau pour son plus récent disque.
Alexandre a été invité à se produire en récital aux célèbres BBC PROMS, aux festivals de La Roque d’Anthéron, Saintes, Radio-France à Montpellier, ‘Piano aux Jacobins’, ‘Abbaye de l’Epau’, Schleswig-Holstein, ‘Abbaye de l’Epau’, ‘Saintes’, Lufthansa Baroque Music à Londres, ainsi qu’au Théâtre du Châtelet, Cité de la Musique et le Musée d’Orsay à Paris, au Museo de la Reina Sofia à Madrid, Grand Théâtre de Bordeaux, au Concertgebouw d’Amsterdam, Philharmonie de Cologne, Teatro Colón de Buenos Aires et dans la série ‘MeisterZyklus’ au Casino de Bern. Ses débuts aux Etats-Unis en mars dernier ont été salués par la critique (New York Times, Washington Post), notamment ses récitals au Miller Theatre de New York et au Kennedy Center de Washington.
Alexandre est le soliste des grands orchestres français (Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique de Radio-France, Orchestre National de Lille, Orchestre National de Bordeaux-Aquitaine, Ensemble Orchestral de Paris, Orchestre du Capitole de Toulouse, Orchestre Philharmonique de Nice) et étrangers (Taïwan National Symphony Orchestra, Singapore Symphony Orchestra, Japan Philharmonic Orchestra, Tokyo Metropolitan Orchestra, Sinfonia Varsovia and Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks) sous la direction de Yutaka Sado, Jean Fournet, Stéphane Denève, Jean-Jacques Kantorow, Marc Minkowski et Georges Prêtre.
Il consacre une grande partie de son activité à la musique de chambre dont il interprète les oeuvres du répertoire dans les plus grandes salles parisiennes et au Musikverein de Vienne, Philharmonie de Cologne, Symphony Hall de Birmingham, Philharmonie de Bruxelles, Louisiana Museum au Danemark, aux festivals de Brighton, Warwick et Norfolk festivals ainsi qu’au Wigmore Hall et à la South Bank de Londres.
Dédicataire de nombreuses œuvres contemporaines, il crée le cycle Outre-Mémoire du compositeur français Thierry Pécou. Son récital, ‘Hommage à Rameau’, faisant alterner les mouvements de la Suite en La du compositeur baroque avec les hommages de compositeurs vivants (Mantovani, Connesson, Pécou, Campo, Maratka, Escaich), a fait le tour de l’Europe depuis sa création au festival ‘Octobre en Normandie’ en octobre 2001.